Lors d’un afterwork que j’ai organisé récemment, une situation m’a particulièrement interpellé et a nourri une réflexion importante sur les jugements que l’on peut percevoir au sein de la société, notamment entre femmes.
Une danse qui dérange
Parmi mes convives, une personne que je connaissais mais qui ne faisait pas partie de notre groupe est venue danser avec moi. Cette femme, expressive et très libre dans sa manière d’être, était complice sans ambiguïté, chacun étant en couple par ailleurs. Pourtant, j’ai surpris plusieurs regards féminins autour de nous, chargés d’une sorte d’accusation, de moquerie, voire de mépris. Ces réactions m’ont surpris car je m’attendais plutôt à ce que ce genre de jugement vienne d’hommes, peut-être jaloux ou envieux.
La solidarité féminine remise en question
Depuis longtemps, j’avais l’idée que les femmes formaient un bloc, une sorte de solidarité naturelle, un levier pour s’élever ensemble dans une société où elles ont souvent été contraintes. Ce genre de bienveillance féminine est notamment ce que défend le féminisme. Or, ce soir-là, j’ai assisté à l’inverse : un rejet, un enfermement dans des normes tacites, comme si certaines femmes n’acceptaient pas qu’une autre s’éloigne des cadres habituels.
Ce regard me rappelait celui que des générations plus anciennes pouvaient avoir sur des femmes jugées « trop libres » ou « volages ». Pourtant, ici, ce n’était pas un jugement masculin traditionnel, mais bien un regard porté par des femmes elles-mêmes.
Une incompréhension collective
Revenu auprès de mon groupe, j’ai expliqué qui était cette amie, insistant sur son intensité, sa liberté d’expression personnelle. Pourtant, plusieurs femmes semblaient choquées de la voir danser seule, en dehors des codes qu’elles connaissent, comme si cette liberté les perturbait profondément.
Une conversation s’est engagée où une participante a confié préférer garder ses propres « ailes » plutôt que de les déployer de cette manière. Ce commentaire illustre bien cette division : certaines femmes acceptent la liberté, d’autres la jugent ou la redoutent.
Un regard féminin encore prisonnier des normes
Cette expérience m’a fait réaliser que le fameux « bloc féminin » de solidarité n’est pas aussi homogène qu’on le croit. Beaucoup de femmes semblent encore enfermées dans un esprit conservateur, et n’hésitent pas à « rappeler à l’ordre » celles qui s’affranchissent trop des conventions.
Mon amie, qui assume pleinement sa liberté et son intensité, ne se laisse pas atteindre par ces jugements. Je trouve cette force admirable, mais elle reste une exception aux yeux de beaucoup.
Réfléchir à nos propres jugements
Cette soirée m’a fait prendre conscience que les femmes, tout comme les hommes, peuvent être prisonnières de leurs propres préjugés. Les regards accusateurs que j’ai vus ne sont pas le reflet d’une communauté soudée, mais plutôt d’une société où les codes restent puissants, même entre pairs.
Je te laisse réfléchir à cette dynamique parfois contradictoire entre désir d’émancipation et peur du regard des autres, surtout quand ce regard vient de celles qui devraient être des alliées naturelles.
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